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L'association des chasseurs de la forêt domaniale de St Antoine (70) a offert à l'association Avenir Chasse 90 la possibilité de chasser deux chamois à l'approche. Un joli cadeau dont a bénéficié Laurent, adhérent de Avenir Chasse 90. Il nous raconte son expérience ...
Oui, c'est pour moi un très beau cadeau d'avoir le privilège de pouvoir réaliser une approche de chamois, offert à un jeune chasseur de notre association par les chasseurs de la forêt domaniale de SAINT-ANTOINE (70). Vous dire que je suis prêt, vous vous en doutez, un peu fébrile quand même, mais prêt. Permis, vêtements de rechange, carabine nettoyée, enfin tout quoi, rien ne manque. A 6h45, je suis sur le perron lorsque Patrick , passe me prendre. C'est mon guide pour la journée avec Alain que nous rejoindrons à Plancher les Mines. De suite il conforte mes craintes « Vu comme il pleut ici, je te dis pas ce qui nous attend là haut ».
A 7h30, il fait encore nuit lorsque nous arrivons au chalet des gardes. Nous y trouvons des agents de l'ONF et Alain avec qui nous partageons le café. Les consignes me sont données, je peux tirer ce que je veux dans l'espèce Chamois. Néanmoins, je me rappelle des consignes de Sandrine, notre présidente « Afin de ne pas ommettre l'erreur de tirer une femelle, vous vous en tiendrez à un jeune ou un éterlou » et, histoire de mettre un peu de pression, « le tir doit être propre et net ». Je ne désespère pas de voir des animaux depuis le temps que ça trotte dans ma tête, mais vu la météo, je me dis que ce n'est pas gagné. A 8 heures, Patrick et moi commençons l'ascencion, Alain sera plus haut que nous. Pendant le pot qui a clôturé notre dernière A.G. Patrick m'avait parlé de l'approche du chamois,du milieu, de l'animal, de l'ambiance... c'est exactement ça, j'y suis. Pendant notre progression à pas de loup, Patrick, qui semble plus déçu que moi, me montre des endroits propices, des coulées, mais rien, pas de trace fraîche. Où sont-ils ?  Après une heure de marche nous voici en crête, nous scrutons, écoutons, rien, seules les gouttes d'eau viennent troubler le silence. Nous commençons à avoir froid, alors nous reprenons notre marche. A 10h30, toujours rien, les feuilles de ronce grignotées trahissent la présence des animaux. Ils sont certainement la, mais plus malins que nous. Un peu avant midi, nous voilà à la voiture un peu dépités, mais tellement ravis de cette matinée passée en montagne. J'en ai pris plein les yeux et la tête. Patrick m'a fait découvrir ce massif avec beaucoup de plaisir. J'ai senti en lui la passion lorsqu'il me parlait. De retour au chalet, nous retrouvons Alain et Michel venu nous rejoindre. Les discussions vont bon train, où sont-ils ? Après un copieux repas offert par Patrick, la décision est prise, nous repartons. Mes deux guides m'expliquent ce que nous allons faire, Michel m'accompagnera, eux irons plus haut.
Un avantage de taille, la pluie cesse, mais un léger brouillard s'installe. Vers 14 heures, nous voilà reparti pour une marche lente et silencieuse, c'est ma dernière chance, après ce sera le tour d'un autre membre de notre association.
Michel me laisse 50 m d'avance pour ne pas déranger mon approche, nous communiquons par signe. Après 300 mètres de progression, nous nous arrêtons. Alors que devant nous se dessine une falaise, un premier chamois apparaît à une cinquantaine de mètres de nous !! J'ai le palpitant à 200 à l'heure, je regarde Michel « non, il est trop gros » me fait-il comprendre. Le chamois poursuit sa route sans s'arrêter. Il est suivi d'un second, tout aussi imposant, il passe au même endroit en jetant un oeil dans notre direction. Ils disparaissent sur notre droite mais restent non loin de là, car nous les entendons clairement en suivant leur déplacement grâce aux chutes de pierre. Ils partent, reviennent, semblent se livrer à des jeux. Michel me dit “t'occupes plus de ceux-là, monte seul plus haut”. Je grimpe de 80 m et m'installe au pied d'un gros sapin. L'attente ne dure pas car non loin de là apparaissent deux chamois, une femelle et son jeune. Mon cœur s'accélère de nouveau, je transpire, je suis tendu comme un ressort. Patrick m'avait prévenu, il avait raison, c'est incontournable. Au bout de 10 mn je redescend, le jeune animal n'a jamais été en position favorable pour assurer « un tir propre et net ». Aucune importance, le spectacle a été grandiose toute la journée, l'adrénaline a coulé à flot et ils sont passés là où Alain avait dit. C'est le sourire aux lèvres que nous retrouvons nos guides. Je leur raconte tout dans le moindre détail, ils sont tout aussi heureux que moi. Le soir, je me suis couché avec des souvenirs pleins la tête et en me repassant le film de la journée. Je me suis endormi comme un bébé. Par dessus tout, je tiens à remercier les chasseurs de St Antoine, qui prouvent que dans ce monde il y a encore des hommes qui savent partager.
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