Connaissez-vous le phragmite des joncs ? Eh bien moi non plus, avant cette matinée passée dans les marais de Loire.
Il est 6h30 pétante. Franck, responsable ONCFS de la réserve du Massereau est au rendez-vous pour m'accueillir. Poignée de mains d'emblée sympathique, et direction de suite vers le "campement". Et là, je me retrouve un peu comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Non, non, je n'ai pas pris de poids inconsidéré, je vous rassure tout de suite !!! Mais me voilà, oh surprise, au beau milieu d'une tablée de jeunes de la LPO en pleine opération de baguage de passereaux. Les présentations sont cette fois-ci un petit peu plus "fraîches".
Cela fait une semaine que la petite dizaine de jeunes est présente dans le marais, campant carrément au milieu des roseaux pour certains. Chaque matin, des filets sont tendus dès 5h afin d'attraper un maximum de passereaux. Il est l'heure de faire un premier relevé de ces pièges, afin d'y récolter délicatement les petits volatiles dans des sacs en tissu. Ensuite, tout le monde se retrouve dans la cabane, autour de la table, afin d'analyser les prises. Ca ressemble fort à un repos de chasse, les chiens fougueux en moins !!
Chaque oiseau est identifié, sexé, mesuré, pesé, bagué, toutes ces informations étant notées sur des bordereaux. Les gestes sont précis, les caractéristiques des piafs pointues (couleur des ailes, formes …).
Deux bagueurs expérimentés, Franck et Thierry (de la LPO), encadrent le groupe. Pour les autres, c'est parfois l'amère première expérience de l'oiseau qui s'envole avant l'heure. Mais en majorité, ce sont des jeunes passionnés, préparant avec assiduité leur futur examen de bagueurs, comme d'autres de leur âge préparent leur permis de chasser. Comme pour nous, l'épreuve comporte des aspects théoriques (connaissance des espèces essentiellement), et pratiques (comment organiser les filets, prendre un oiseau, le mesure, le peser …).
La matinée est ainsi rythmée chaque heure par une nouvelle visite des trois alignements de filets. Petit à petit, le nombre de prises commence à décliner … et les langues à se délier.
Car effectivement, l'étonnement passé de voir un chasseur dans ces lieux, quelques questions arrivent sur les raisons de ma présence. Cela n'est pas allé bien sûr jusqu'à un débat sur la chasse, il aurait été dommage de briser l'ambiance sereine des lieux. Mais ce fut tout de même l'occasion de montrer que le "jeune" chasseur est aussi quelqu'un qui s'intéresse, et qui lui aussi, passe du temps dans la nature pour faire des comptages et des baguages.
Et au final, si vous voulez savoir à quoi ressemble le phragmite des joncs, la rousserolle effarvatte ou le gorgebleue à miroir … réservez-vous une matinée en août prochain !!!